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Mardi 13 mars 2007
   
 

Plume au vent
par Jade




Nous avons eu du mal à quitter les adorables Guillaume et Chacha, surtout Joan. Mais nous savions qu’il était temps de repartir. J’avais proposé à Joan de passer par l’Ile Grande puisque j’avais toujours sur moi les clés de  Plume au vent. Nous venons d’arriver à Lannion. Jeudi, jour du marché. Il est déjà 15h passées et nous n’avons rien mangé depuis ce matin. Nous nous arrêtons pour déjeuner. Je trouve une place près de la poste. L’eau du Léguer miroite sous les rayons du soleil. Nous grimpons en direction de la place du Centre, les commerçants sont encore nombreux.

Joan ne connaît pas trop ce coin des Côtes du Nord. Moi je suis en terrain connu et je le guide avec joie au travers des ruelles. Une jolie balade par cet après midi ensoleillé. De quoi se faire un peu les jambes aussi, car Lannion est en pente. Nos pas finissent par nous mener à la rue des Chapeliers où un sympathique troquet nous accueille pour déguster quelques bières locales. A la table de la terrasse, Joan dessine. Le sourire aux lèvres je lui lance : "Tu vas aimer l’endroit où je t’emmène". "Plume au vent n’est pas à Lannion ?", me demande-t-il. "Non et nous ferions mieux de filer maintenant. Le spectacle sera d’autant plus beau".

A bord de Lili, nous traversons le petit pont et gagnons l’Ile Grande. La lande nous entoure à présent. Nous descendons de voiture. Je conduis Joan au bout de l’Ile. Le paysage est magnifique : la mer a pris des teintes chatoyantes alors que le soleil disparaît derrière l’étendue d’eau. Des vagues viennent se briser violemment contre les énormes rochers de granite. La nature a repris tous ses droits. Le vent nous fouette le visage. Rien ne vient troubler ce spectacle ; seuls les cris des oiseaux profitant de cet espace préservé ponctuent la scène.

Nous marchons un moment et rejoignons Plume au vent. La bâtisse donne directement sur une petite plage enclavée. Ca sent l’iode, les pins et la bruyère. Les serrures n’ont pas été changées. La maison baigne dans un silence mystique lorsque nous y entrons. Nous retirons les draps qui recouvrent le mobilier. Joan allume un feu dans l’insert. Je ne tiens pas à utiliser l’électricité. La lueur des flammes enveloppe chaleureusement la pièce de teintes orangées. Nous nous installons sur le canapé et ouvrons une bouteille de Chouchen que je suis allée récupérer dans le coffre de la voiture.

Je raconte à Joan mes souvenirs de jeunesse passée ici. Les journées de voile, la caravelle de Margot, l’Ile du Mouton, mes amis, la maison cassée, mes balades dans la lande, mes séances de méditation en communion avec la nature, … Je revis, comment ne pas faire ce détour qui me renvoie à de si doux moments. Il m’écoute, ses yeux me dévorent, je suis redevenue une enfant dans ce cocon. Je suis si bien ici.


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Par Jade - Publié dans : On the road
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